Le Mouvement « Foi et Lumière » vient d’achever son pèlerinage à Lisieux. Près de 400 personnes, handicapées, parents et amis, du grand Est de la France, y ont célébré les 40 ans du Mouvement, fondé par Jean Vannier et Marie-Hélène Mathieu.
Il y a une familiarité entre ce Mouvement, Sainte Thérèse et la fête de la Pentecôte : par le don de l’Esprit le plus petit aux yeux des hommes devient le plus grand dans le Royaume de Dieu. Petit, en effet, un handicapé mental dépendant de l’attention de son entourage. Petite, Thérèse Martin qui met toute sa vie entre les mains de Dieu. Petits, la poignée d’Apôtres chargée de porter au monde la Nouvelle inouïe de la résurrection de Jésus et du salut de l’humanité. Dieu choisit les plus fragiles, les plus pauvres, pour leur confier l’immensité de son amour, comme si seule leur absence de prétention garantissait la fidélité de leur témoignage. En eux se réalise la parole de Saint Paul : « Ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose. » 1Co 1,27
C’est là l’œuvre de l’Esprit-Saint dont nous célébrons l’irruption en cette fête de la Pentecôte. Sans Lui, l’Evangile ne serait jamais sorti de Jérusalem. Sans Lui, Thérèse serait restée dans l’obscurité de son Carmel. Sans Lui, les handicapés ne seraient que des assistés.
Par l’Esprit, au contraire, le feu de l’Evangile s’est répandu par toute la terre, miracle d’un incendie de joie et de paix ; l’amour qui brûlait le cœur de Thérèse a entraîné dans sa « petite voie » les poilus de la Grande Guerre, les missionnaires, les pauvres dans la foi ; la solidarité autour des handicapés s’est cristallisé en communautés fraternelles.
Le Pentecôte, c’est quand la foi se fait lumière.
Jean Gantzer